Comment bien faire une présentation orale

Comment bien faire une présentation orale

Comment bien faire une présentation orale

mai 27, 2018

Savoir faire une présentation est une nécessité, d’abord dans les études et ensuite dans la vie professionnelle. Hélas, trop de personnes improvisent encore et reproduisent de mauvais comportements. Une présentation doit délivrer un message et être plaisante à suivre pour l’audience… Quelques conseils !

Quel est l’objectif de votre présentation ?

Aucun orateur ne peut débuter une présentation sans avoir réfléchi au message qu’il veut véhiculer. Transmettre un message, c’est faire en sorte que le public y fasse attention, le comprenne et réagisse. Ce sont les trois composantes sont essentielles pour mesurer le succès d’un exposé.
Votre conférence ne sera réussie que si le public, à l’issue de votre présentation, aura retenu exactement ce que vous souhaitiez qu’il retienne.

Préparez votre présentation

bien-faire-presentation-oraleUn exposé oral doit être préparé à fond, mais préparer ne signifie pas tout apprendre par cœur ! Une bonne préparation implique de maîtriser la structure et l’enchaînement de son exposé, pour ne pas montrer d’indécision à son public… Mais en aucun cas, une présentation ne doit ressembler à une récitation.

Néanmoins, il faut avoir répété “à blanc” votre présentation. Vous allez vous donner en spectacle tel un humoriste ou un acteur. Aussi bien l’un que l’autre passent des heures à répéter afin que ce soit parfait. Sans aller jusque là il est inconcevable d’improviser. La répétition vous permettra aussi d’ajuster votre timing.

Il est parfois conseillé aux orateurs d’apprendre par cœur les premières et dernières phrases de leur conférence. Les premières phrases conditionnent l’attention que leur portera l’auditoire, alors que les dernières conditionnent le volume d’applaudissement. Bien souvent, et c’est déplorable, des exposés brillants laissent une mauvaise impression parce que la fin n’a pas été bien répétée.

Utilisez les phases d’attention de l’audience

Soignez votre introduction pour capter l’attention de votre auditoire. Agissez en quatre étapes :

  • 1ère étape : Débutez par une métaphore, une histoire, un élément frappant ou encore une question.
  • 2ème étape : Faites le lien entre votre accroche et le sujet de votre  présentation
  • 3ème étape : Présentez-vous brièvement et donnez les objectifs de votre allocution
  • 4ème étape : Mentionnez à votre audience ce qu’elle pourra tirer de votre présentation

Il existe une courbe de l’attention en fonction du temps. L’attention d’un auditeur atteint son maximum après cinq minutes d’exposé, pour décroitre lentement et chuter après vingt minutes. Il est donc crucial que le message principal soit exposé juste après une courte introduction, au moment où le public est concentré. Le quart d’heure qui suit doit être consacré à une argumentation qui soutient le message principal. Pas besoin d’être trop long : il faut être convaincant !
L’argumentation est essentielle, mais elle doit être minimaliste. Il ne faut pas plus de trois arguments – s’ils sont solides – pour appuyer suffisamment le message que l’on veut faire passer. Un argumentaire éparpillé détourne l’attention du public.

Faites de vos slides vos alliés

Une information vue et entendue est retenue à 70% par son public. Mais si un seul vecteur de communication est utilisé, ce score tombe à 40%. La voix et le transparent ne doivent toutefois pas être les répliques l’un de l’autre.
Un bon slide est autonome. Ce qu’il dit doit pouvoir être compris en dehors de la présentation en tant que telle. Enfin, nos deux experts s’accordent sur le fait qu’un bon transparent doit avoir une grande portée visuelle.

Soignez votre body language

La stabilité et le regard sont deux éléments clés de la communication non verbale. Par stabilité, on entend la faculté d’impressionner son auditoire avec son corps. On passe dans le registre animal, la communication corporelle pure et simple. Il faut pouvoir paraître inébranlable face à ses auditeurs. C’est la seule manière de paraître vraiment crédible.
Du côté du regard, il faut regarder son public en face, tout le temps. Avec un regard franc, le public ne peut pas être indifférent aux paroles qui sont prononcées.

Évitez les erreurs communes

Powerpoint cet ennemi

Ce monsieur, Don Mc Millan, illustre de façon très humoristique les erreurs commises dans la plupart des powerpoint :


Les erreurs courantes dues à powerpoint sont :

  • Le recours systématique à des listes ou bullet points. Les listes empoisonnent les présentations. Non seulement l’auditeur est capable de les lire sept fois avant que l’orateur ne les ait passées oralement en revue, mais en plus il ne les retient en général que partiellement, voire pas du tout !
  • Lire ses slides. Votre audience sait lire. Elle n’attend certainement pas que vous lui fassiez la lecture, ce qui en sus vous amènera à lui tourner le dos. Par ailleurs, si les slides ne montrent que du texte continu, l’intervalle de temps que doit y consacrer le public pour l’assimiler est beaucoup trop grand par rapport à l’attention qui devrait être accordée au discours proprement dit. C’est pour cette raison qu’il est en général recommandé de privilégier le visuel (photo, illustration graphique) sur les transparents, assimilable plus rapidement.
  • Des animations de mauvais goût : Ce n’est pas parce que vous savez faire apparaître des figures ou des textes avec des effets que vous prouverez une quelconque expertise.
  • Des slides surchargés : trop d’informations tue l’information. Vos slides doivent être visuels et clairs !

Power Point n’est qu’un outil ; en aucun cas il ne remplace le discours. Un orateur ne devrait avoir recours aux slides qu’après avoir structuré sur papier son discours et l’avoir répété oralement. Un mauvais slide, c’est pire que pas de slide du tout !

Évitez de vouloir être exhaustif

L’intérêt principal est que le public ait comprit le message, pas que l’orateur ait dit tout ce qu’il a envie de dire. Dans le cas d’un exposé oral, l’orateur doit réussir à faire passer son message en un certain laps de temps. Et il importe plus de faire passer le message que de montrer l’étendue de ses connaissances sur un sujet surtout si cela n’apporte rien en plus à l’audience.

Ne méprisez pas votre audience

Il m’a été donné d’assister à une présentation d’une éminence dans son domaine. Au delà du fait que l’exposé ne semblait pas avoir d’objectif, l’orateur s’est montré vaniteux en utilisant des phrases du style : je parle simple pour que vous me compreniez. Cela peut être louable en soi sauf qu’il parlait trop simple. L’orateur a refusé plus de deux questions au prétexte qu’il était attendu mais 30 minutes après la fin de sa prise de parole, il était toujours là en train de faire la causette avec un membre de l’assemblée.

Ne parasitez pas votre propre présentation

On peut prendre comme exemple la métaphore du « rapport signal sur bruit » utilisé en électronique. Ce rapport désigne la qualité d’une transmission d’information par rapport aux parasites. Dans un discours, tout ce qui est visible ou audible et qui ne contribue pas au message principal nuit au message. Abuser des « heu » ou de gestes inutiles diminue la qualité de transmission du message. Une seule façon de corriger ces mauvaises habitudes : l’entraînement.

Une manie se corrige en quatre étapes :

  • Phase 1 : on n’en a pas conscience
  • Phase 2 : on remarque son erreur
  • Phase 3 : on sait corriger son erreur mais c’est de manière consciente et délibérée
  • Phase 4 : la correction s’automatise de manière inconsciente.